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LA MAISON DE POÉSIE


Fondation Émile Blémont

Reconnue d´utilité publique


16, rue Monsieur-le-Prince. 75006 Paris


 

LES PRIX DE LA MAISON DE POÉSIE

 

 

     Depuis sa création en 1928, la Maison de Poésie-Fondation Émile Blémont décerne des Prix pour attirer l’attention sur des recueils et divers livres de grande qualité littéraire.

     Soucieuse de conserver la valeur de ses Prix, la Maison de Poésie en a récemment réduit le nombre en les regroupant.

     Les Prix sont décernés uniquement à des ouvrages édités. Ils peuvent ne pas être attribués si la Maison de Poésie ne retient aucun livre lui semblant digne d’intérêt.

     Le Palmarès complet des Prix de la Maison de Poésie depuis l'origine est donné à la fin de cette rubrique.

***

     Expulsée de ses locaux historiques de l’Hôtel particulier d’Émile Blémont, rue Ballu à Paris, à la demande et au bénéfice de la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques (SACD), la Maison de Poésie n’a pas pu décerner de Prix en 2011.

...

 

PRIX 2010 DE LA MAISON DE POÉSIE

 

     La Maison de Poésie-Fondation Émile Blémont a décerné ses Prix 2010 :

     Grand Prix de Poésie : Jean-Claude Pirotte pour l'ensemble de son œuvre, à l'occasion de la publication de son recueil Le Promenoir magique et autres poèmes (La Table Ronde).

     Prix Paul Verlaine : Jacques Bertin pour son recueil Blessé seulement (L'Escampette).

     Prix Philippe Chabaneix : Béatrice Marchal pour la publication des poèmes inédits de Cécile Sauvage, Écrits d'amour (Le Cerf).

     Chaque lauréat a reçu une statuette originale du sculpteur Isabel Roxo, remise par l'artiste.

 Grand Prix de la Maison de Poésie

     Le Grand Prix de Poésie, décerné tous les deux ans, en alternance avec le Prix Louis Mandin, regroupe les anciens Prix Émile Petitdidier (du nom du Fondateur de la Maison de Poésie), les Prix Paul Damarix, Fernand Dauphin et Maurice Du Plessy.

     Ce Grand Prix récompense l’ensemble d’une œuvre.

Jean-Claude Pirotte

     Jean-Claude Pirotte est Belge, il est né à Namur dans les Ardennes, en octobre 1939, il a donc soixante-et-onze ans ce mois-ci. Il a été avocat, il a quitté la Belgique en 1975 pour y revenir en 1981. Il a vagabondé (« ce n’est pas Jean-Sébastien / qui m’a appris l’art de la fugue », dit-il), même très jeune, à douze ans au Danemark, aux Pays-Bas, puis en France, en Italie, en Espagne, en Suisse aussi. Et il écrit une cinquantaine de livres, des recueils de poèmes, des souvenirs, quelques romans. Il est également peintre.

     La publication par les Éditions de la Table Ronde d’une grosse anthologie de 920 pages, Le Promenoir magique et autres poèmes qui réunit des poèmes écrits de 1953 à 2003 – un demi-siècle – confirme que nous avons bien à faire à une œuvre déjà importante, qui justifie ce Grand Prix.

Le chant

     Ce qui séduit avant tout dans l’œuvre de Jean-Claude Pirotte, c’est le chant de la poésie française. Voilà des poèmes qui ne sont pas de la prose saucissonnée. On y entend une voix personnelle qui nous touche, nous charme, souvent nous enchante, une voix qui parle dans cette langue des vers qui existe chez nous depuis plus de mille ans.

aux temps obscurs de mes enfances

quand glissaient les serpents du soir

et que pleuraient dans les soupentes

les servantes aux lèvres noires

sous la neige des lunes blanches

qu’arrivait-il à ma mémoire

aux temps obscurs de mes enfances

quelle marâtre ou quelle amante

s’emparait comme d’un heurtoir

de mon cœur sans destin notoire

quand glissaient les serpents du soir

  

(La boîte à musique)

     C’est un chant qui n’a pas d’âge, dont on peut dire qu’il est celui de toute la poésie française, mais que tout le monde ne possède pas, et qui semble se transmettre de poète à poète. Aucun poète n’est jamais sorti de rien. Jean-Claude Pirotte se reconnaît de nombreux grands ancêtres, parmi ceux qu’il appelle des « veilleurs » (c’est le titre d’un chapitre de son recueil La boîte à musique). En voici quelques-uns, qu’on rencontre au fil de ses poèmes :

Francis Carco Mortefontaine

les chemins ne vont nulle part

feuilles mortes mortes semaines

traces de pas qui reviennent

sans cesse au lieu du départ

(Amorces)

*

Lire Nerval et mourir

(Amorces)

*

Max Jacob il souhaitait

s’ennuyer comme la Loire

(Les cahiers et les poésies d’Ange Vincent)

*

Quand je lisais Laforgue, Jules

dans le bistrot de mes quinze ans

auprès des digues du Betuwe

le temps passait si lentement

(Les cahiers et les poésies d’Ange Vincent)

*

Je lis Tristan Derème

et rien ne me distrait

la vie est un poème

qui se conserve au frais

(Les cahiers et les poésies d’Ange Vincent)

*

Je lis Réda Thomas Dhôtel

Jaccottet Follain quelques autres

amis dont je n’aurai jamais

pu tenir les mains dans les miennes

(La Vallée de Misère)

*

Artaud je vois autour de toi

Adamov Henri Thomas

le fragile Prevel aussi

et je te vois rôder toi-même

autour de ce déchirement de toi

(La Boîte à musique)

 

     Et beaucoup d’autres, Rutebeuf, Ronsard, Vauquelin de La Fresnay, Gautier, Apollinaire, André Frédérique, Armand Robin, Pierre Reverdy, Francis Jammes… Une superbe lignée, où le plus fréquemment et le mieux évoqué est celui dont se rapproche le plus la poésie de Jean-Claude Pirotte :

Centenaire ignoré

l’humble professeur d’anglais

sous son cache-nez de laine

effrangé c’est bien Verlaine

or j’ai surpris son reflet

dans l’eau verdâtre de l’Aisne

pion barbu pensif et laid

et solitaire il allait

précédé de son haleine

de vin morne il titubait

en marmonnant des musiques

un soir de feutre plombait

les lointains mélancoliques

dont la langueur surannée

demeure après cent années.

(La vallée de Misère)

      Il y a encore beaucoup d’autres « veilleurs » auxquels Jean-Claude Pirotte rend hommage, jusqu’à en faire la substance même d’un poème, tissant les noms et les époques dans une même étoffe du temps :

en lisant Olivier de Serres

Tardieu Ronsard Jouve Joubert

Paulhan Dumay Cliff Voragine

Fallet Villon La Tour du Pin

Verlaine Pline Armen Lubin

bref tous ceux qui dans ma cantine

de lecteur font mon ordinaire

Bachelard Montaigne Follain

Dhôtel Grosjean Thomas Beucler

Arland Jaccottet Larbaud Fargue

et Brauquier qui fut subrécargue

et tant et tant de voix intimes

sans oublier Raymond Queneau

J’ai composé cette ode à l’eau-

de-vie des cerises opimes

(Fougerolles)

 

     Ce chant qui nous est transmis par toute cette tradition ancienne ou récente, c’est d’abord cela, la poésie :

laissez reposer les poèmes

laissez-les sous le torchon

afin que la pâte lève

et qu’elle craquelle à souhait

vous entendrez le chant peut-être

un chant discret mais entêtant

de la croûte qui dore en secret

feignant de dormir seulement

avant de s’éveiller au feu

du précieux fourneau des ancêtres

qui l’hiver réchauffait les vieux

les mendiants et les poètes

(Les cahiers et les poésies d’Ange Vincent)

Ce que cherche à dire la poésie

      La deuxième raison d’aimer la poésie de Jean-Claude Pirotte, c’est son romantisme. Sous sa musique, on entend la mélancolie profonde de la vie, comme chez Verlaine, comme chez Mozart. Le chapitre qu’il a nommé « La leçon de musette » se trouve justement dans son recueil La vallée de Misère. La deuxième raison de notre attachement à sa poésie se trouve en nous comme en lui, dans cette irrépressible nostalgie d’une autre chose, une chose que cherche à dire la poésie. Car nous sommes tous, comme Jean-Claude Pirotte, les héritiers du Romantisme.

     La nostalgie, notre nostalgie,  est toujours présente dans sa poésie. Elle renvoie, évidemment, à l’enfance à jamais perdue.

L’enfant que je fus

a perdu ses ailes

(Les cahiers et les poésies d’Ange Vincent)

*

l’enfance et l’éternité

sont peut-être synonymes

comme l’hiver et l’été

comme le ciel et l’abîme

c’est ce qu’il préfère croire

l’enfant du fond de la classe

qui pressent les longs déboires

de la vie et du langage

(Les cahiers et les poésies d’Ange Vincent)

      Nous savons que l’enfance est l’un des thèmes majeurs de la poésie contemporaine et peut-être comme l’image même de ce que le poète cherche à redevenir. Car si nous ne sommes pas comme de petits enfants, disait l’Évangile, nous ne connaîtrons pas le Royaume de Dieu. Ou plus simplement : la poésie. Un Romantisme, sans doute, mais qui s’interroge sur sa propre nostalgie et sur l’objet même de sa quête de poète.

les nuits les nuits quel fantôme

m’appelle est-ce dans ma chambre

ou ce cri vient-il du fond

de mes années d’enfance

il n’y a qu’un exil une épreuve

pareille et sans cesse nouvelle

et la voix qui répète le mot

dont j’ignore le sens je l’épelle

ce mot à jamais incompris

mais un matin peut-être

juste avant le lever du soleil

ce sera le cri de l’oubli

(Les cahiers et les poésies d’Ange Vincent)

     Cette poésie rend sensible le déchirement qui est en nous, l’impression d’être hors d’un monde de plus en plus cancérisé par le profit et la violence, alors que le temps nous ronge.

en moi chaque jour

je tue un peu de moi

oh pas grand chose

un souffle indécis

un pétale de rose

(pourrais-je dire)

un battement d’aile

un écho souterrain

un début de chanson

comme un rayon de lune

à travers une vitre

opaque un vieux parfum

dans un flacon perdu

le sentiment à peine

exprimable d’avoir

égaré l’essentiel

(Les cahiers et les poésies d’Ange Vincent)

      Nous retrouvons ici la solitude qui était déjà celle du poète romantique et qui est toujours la nôtre aujourd’hui avec ce mouvement de bascule entre « solidaire » et « solitaire », que montrait Albert Camus. Albatros ou vieux chien, fier ou résigné, le poète est toujours à part.

il y a toujours ce vieux chien galeux

qui passe à la même heure seul

et qui semble trembler de peur

ne vois-tu pas comme il te ressemble

(Les cahiers et les poésies d’Ange Vincent)

*

la solitude est là

si je me regarde

si je me retourne

elle tend sa bourse

vide et me fait du plat

(Les cahiers et les poésies d’Ange Vincent)

 

     On sent bien que dans notre société mercantile, le poète est plus que jamais un « homme séparé ».

la poésie n’est pas une affaire d’hommes

ni de femmes ni de chiens

ni d’ânes ni d’artistes

ni de poètes

la poésie n’est pas une affaire

(Les cahiers et les poésies d’Ange Vincent)

     Voilà donc quelques-unes des raisons de notre choix qui vise à attirer un peu plus l’attention sur une des rares œuvres poétiques réelles de notre époque, celle d’un poète capable d’une saine auto-dérision qui ne nous déplaît pas non plus, alors que tant de pseudo-poètes sont aujourd’hui bouffis de suffisance.

je n’écris pas comme cestuy-

là qui triture le langage

et le désosse et le réduit

et le conchie plaisant outrage

je n’écris qu’avec une plume

et de l’encre sur du papier

vieux marteau désuète enclume

armes de poète pompier

(La vallée de Misère)

 

     Il suffit d’écouter la poésie de Jean-Claude Pirotte où passent ses « fantômes familiers », pour y trouver encore mille et une autres raisons de l’aimer.

je ne parlerai qu’à voix basse

à mes fantômes familiers

et de nos pas dans les allées

incertaines du vieux vieux temps

nul ne pourra suivre la trace

les reflets au bord des étangs

de nos misérables carcasses

s’évanouissent comme passent

les frêles amours les nuées

les étincelles de la grâce

je ne parlerai qu’à voix basse

et le cœur à peine battant

à mes ombres dépossédées

par le mirage des années

incertaines du vieux vieux temps.

(La Boîte à musique)

 

Jacques Charpentreau

Recueils cités :

Amorces, 1953-1957. Inédit.

Les cahiers et les poésies d’Ange Vincent. 1955-1972. Inédit.

La vallée de Misère. Cognac, Le Temps qu’il fait, 1987. Réédition, 1997.

Fougerolles. Dijon, Éd. Virgile, 2004.

La boîte à musique. Paris, La Table Ronde, 2004.

Réunis dans Le Promenoir magique et autres poèmes, 1953-2003. La Table Ronde, 2010.

Livre de Pirotte

 

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Prix Paul Verlaine

     Le Prix Paul Verlaine est attribué à un recueil de poèmes. Il regroupe aujourd'hui plusieurs anciens Prix, (Pierre Louÿs, Gabriel Vicaire, Charles Péguy) dans le soucis de ne pas multiplier et donc banaliser les distinctions pour attirer l'attention sur un poète.

Jacques Bertin

      En décernant son prix Verlaine 2010 à Jacques Bertin pour Blessé seulement (recensé dans les « Pages de garde » du  numéro 43 du Coin de Table), la Maison de Poésie entend mettre à sa juste place une œuvre dont les auditeurs ne perçoivent pas toujours toutes les facettes. Chanteur, oui, bien sûr, Bertin l’est et le demeure, mais dès son premier disque, en 1967: « On se croit un peu poète », avouait-il, prouvant du même coup, par ses textes, qu’il était bien, comme Charles Trenet, comme Georges Brassens, beaucoup plus qu’un simple interprète. Allaient le confirmer, publiés parallèlement à la vingtaine de titres de sa discographie, plusieurs recueils de « poèmes et chansons ».

     Dans l’avant-propos du second, Dans l’ordre (1978), nous lisons :

     Je suis venu de la chanson à la poésie. Peut-être cela paraîtra-t-il à quelques chroniqueurs littéraires le signe d’une faiblesse congénitale. Mais mes origines sociales m’avaient porté à l’exercice de cet « art populaire ». Aujourd’hui j’en ai découvert la grandeur.

     Son art poétique, à bien y regarder, nous le trouvons là aussi :

     Les chansons, par définition, sont faites pour être chantées. C’est-à-dire que l’agencement des mots y est fonction de l’oreille. Au moment de transcrire, l’auteur découvre comme un carcan les lois de l’écriture. Faut-il mettre tel mot au pluriel ou au singulier ? Ce verbe doit-il s’accorder avec ce sujet ou plutôt avec cet autre situé plus haut ? Dois-je mettre un point ici, et là un point-virgule ? Partout, il faut choisir et enlever du sens. La transcription appauvrit considérablement la chanson. Les pauvres gens qui méprisent ce qu’il faut bien appeler la poésie orale ignorent combien l’univers de la parole vivante est plus riche que celui de la parole mise sous presse.

     Remplacez dans ce texte « chanson » par « poème », tout reste juste. Paroles sans musique, les poèmes de Bertin sont faits pour être  dits comme ses chansons pour être chantées. Chanson et poème ne sont en fait, chez lui, que deux aspects d’un même texte :

Louvigné-du-désert arrêtons-nous nous irons boire

Dans un petit café ouvert aux premiers froids de ma mémoire

Aux amis évanouis, déjà perdus parmi les ombres

À ceux que j’aimais tant je crois et que j’ai oubliés

J’inviterai quelques poètes pour faire un bel enterrement

Quelques octosyllabes et je suis seul pour arroser l’événement

Nous nous raconterons l’histoire en parlant un peu lentement

Du temps qui s’en va de l’oubli qui devant nous fait la musique

Et puis nous nous contenterons de peu de choses : un peu de vin

Un mot qui frôle l’herbe du soleil et c’est en vain

Je n’ai d’amis que les poètes et je m’en reviendrai chez moi par les chemins

Comme une cigarette éteinte rallumée et qui s’éteint.

     Poème ou chanson, l’inspiration est large, variée, généreuse. Parfois militante, elle se charge d’indignation, de révolte :

La misère, on l’avait crue morte à force de se montrer à soi-même l’artifice

 

On l’avait envoyée pourrir dans les banlieues

 

Loin. On allait la visiter en club dans de beaux pays exotiques

 

Avant de remonter lourd comme après boire vers la lumière

 

On parlait de la pauvreté comme d’une catégorie esthétique

 

La misère, voilà qu’elle se dresse et vous jette sur les routes

 

Pour la grande scène de l’exode qui cette fois finira mal

     Homme de l’Ouest, d’ascendance bretonne, Bertin, après quelques détours par Lille (et l’École de journalisme), par Paris (où il vécut longtemps et se produisit dans les plus grandes salles), par le Canada  (qui l’accueillit à bras ouverts et lui inspira un beau roman), a retrouvé ses racines en Anjou, à Chalonnes-sur-Loire, dont les paysages, en filigrane, se devinent dans ses poèmes :

Ne t'en fais pas pour l'ombre ni pour la patience

Elles progresseront ensemble avec le temps

Ni l'or à quoi le beau soir dénudé ressemble

Et qui semble parfumer le pays d'encens

Ne t'en fais pas. Tout vient à son temps, à son heure

L'oubli viendra, comme un messager des lointains

Ailleurs s'étrangle à nouveau le cor du sonneur

Annonçant des rémissions proches. Tout est vain

Tout est vain : on ne voit plus, qui blessaient les vignes

Ces routes tracées dans la chair vive au couteau

Juste une buée montant des souffrances, on devine

Mourant, les formes féminines des coteaux

Avec le temps, les trahisons, les espérances

Qu'en reste-t-il ? Le parc oblique vers la nuit

Rentre, serrant sous ta veste ton peu de science

Tout vient à son heure, et le pardon de la pluie

Tout fut-il donc dépensé pour rien ? Tu protestes

L'escalier geint. Ce soir, personne ne t'attend

Dans le noir tu parcours ta galerie de gestes

Le fardier d'insomnie s'ébranle pour cent ans

Ne t'en fais pas. Toute chose à la fin fait cendres

Même l'oiseau dont les braises brillent encore

Et, dans la nuit sans oubli où tu vas descendre

Son aile implorante frémit, dans le décor

     On ne s’étonne pas, à lire de tels vers, que leur auteur se sente proche d’Apollinaire, de Milosz, de Chaulot, de Bérimont, de Cadou…

     Blessé seulement, ne porte en sous-titre qu’un seul mot : poèmes. Un pluriel qui pourrait être là encore un singulier, car ces fragments, avec leurs brisures, leurs silences, leurs inachèvements, ne forment qu’un seul chant de deuil et de rage. Deuil de la jeunesse, deuil surtout d’un amour trahi :

je ne parle plus à personne

de l’incendie de la maison

ni de la blessure en plein front

je me tais sur le temps profond

sur le rythme et l’étrange son

de la cloche noyée au fond

qui dit : rien ni le temps ne compte

– elle sonne on ne l’entend pas –

et je cultive sous mes pas

les fleurs d’un  indicible automne

et je me tais tandis qu’au loin

ou au fond une cloche sonne

     La musique est souvent, comme ici, celle de l’octosyllabe, rimé ou assonancé, celle de l’alexandrin aussi, avec des passages au vers libre, des glissements vers la prose, à peine marqués çà et là d’un signe de ponctuation, sans majuscule au début du vers, comme pour mieux refuser les conventions de l’écrit.

     Le recueil comporte trois parties d’inégale longueur. Aux quatre-vingts pages qui en forment le corps succèdent sept pages de « poèmes d’avant retrouvés dans les décombres après l’explosion ». Confidences ? Méditation ? Bilan ? Traversés de souvenirs, d’inquiétudes, d’interrogations, moins fragmentaires que ceux « d’après » (la classique majuscule à l’initiale des vers y est encore présente), ils s’achèvent – s’achevaient ! - sur une affirmation et une promesse: « J’aime. J’aimerai ».

     Le recueil se clôt sur une coulée d’octosyllabes véhéments, véritable condensé de tout ce qui précède, comme le confirment son titre et son constat final : « blessé seulement ».

     Bref, une poésie humaine, sincère, qui n’a que faire de la glose et de la mode; la poésie que nous aimons; celle qui vous parle et vous va droit au cœur.

Jean-Luc Moreau

 

 

 

Daniel Sauvalle, Jean-Luc Moreau, Jacques Bertin.

Photographie : Elizaveta Zhuravleva.

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JACQUES BERTIN

 

Éléments de bibliographie

Prose

Chante toujours, tu m'intéresses (ou les combines du show-biz). Éditions du Seuil (Collection « Intervention ») (1981).

Félix Leclerc, le roi heureux (Biographie). Éditions Arléa-Éditions Boréal (Québec) (1987) + texte sur anniversaire de la ville de Québec.

Du vent, Gatine ! (Un rêve américain). Éditions Arléa (1989).

Une affaire sensationnelle (roman). Éditions Le Condottiere (2008). Amours d’Edmond, de Léonie, Bonnie and Clyde angevins,  et une évocation de la Loire.

Filmographie

René Guy Cadou, de Louisfert à Rochefort-sur-Loire. Un film de Jacques Bertin. Réalisation : Annie Breit. DVD Éditions Velen.

Poésie

Plain-chant, pleine page (Poèmes et chansons 1968 - 1992), avec Pierre Veilletet. Éditions Arléa (1992).

Blessé seulement (Poèmes inédits, préfacés de Lionel Bourg). Éditions L'Escampette (2005)

Jacques Bertin chanté par Jacques Bertin aux éditions EPM dans la collection Poètes et chansons (2003).

Sur le site velen.chez-alice on trouvera biographie, bibliographie et discographie de Jacques Bertin ainsi que ses articles parus dans Policulture.

 

Livre de Jacques Bertin

 

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Prix Philippe Chabaneix

     Le Prix Philippe Chabaneix est réservé à un ouvrage de critique ou d'histoire de la poésie. Le poète Philippe Chabaneix, (1898-1982) Administrateur de la Maison de Poésie, animateur de la librairie Le Balcon, Grand Prix littéraire de la Ville de Paris, tenait des chroniques de poésie en diverses revues (Le Mercure de France, La Revue des Deux-Mondes). Ce Prix a été décerné à Béatrice Marchal qui a révélé et publié un ensemble de poèmes d'amour de Cécile Sauvage.

Béatrice Marchal


   

          L'intérêt de Béatrice Marchal pour cet auteur assez méconnu, auquel elle a consacré sa thèse de doctorat, puis deux livres, a permis de mettre en lumière toute une partie de l'œuvre de Cécile Sauvage (1883-1927), œuvre jusque là tronquée, sinon légèrement faussée.

          Les Écrits d'amour, titre d'un ouvrage pour lequel la lauréate est couronnée, exhument en effet tout un volet  de cette œuvre,  que la famille,  pour des raisons d'honorabilité, avait tenu sous le boisseau. Il s'agit de poèmes en vers et en prose qu'avait inspirés à la poétesse une liaison adultère, et dont les accents sont passionnés. Le déjà long intérêt de Béatrice Marchal pour la poésie de Cécile Sauvage a fait que la famille lui a confié ces manuscrits en 2003. Elle les a établis, présentés et annotés dans son livre.

          Tout ce qu'elle a vécu, Cécile Sauvage l'a éprouvé d'une manière ardente, extrême : la maternité, la passion amoureuse, le mysticisme, et, à la fin de sa vie,  une lente consomption dans la mélancolie. Son œuvre, sa personne se sont en quelque sorte prolongées en son fils, le compositeur Olivier Messiaen. Elle l'a introduit à la musique, l'éveillant aux chants des oiseaux, à la beauté des fleurs, l'intriguant aussi par ce silence qu'elle gardait sur sa vie intime, un silence dévorant qu'en fils aimant, il a apprivoisé par la musique.

          Tout cela, Béatrice Marchal l'a très bien expliqué dans ses livres, qui révèlent une maîtrise parfaite du sujet, une grande finesse de sensibilité et un style remarquable.

Jean-Pierre Rousseau

 

Jean-Pierre Rousseau présente Béatrice Marchal.

Photographie : Elizaveta Zhuravleva.

*

Et c'est nous qui sommes la vie,

La nature fleurit par nous,

De ton rêve, de ma folie,

Du tremblement de nos genoux.

Elle, qu'est-elle ? Un lieu de sable

Où des végétaux ont poussé

Entre les maisons, les étables

Sous un peu de ciel caressés.

Mais nous qui nous sentons mourir

Et vivre et fleurir bouche à bouche...

Prière

*

Sur le lit plein de ton parfum

Je vais dormir comme en tes bras

Et revivre encor tes caresses,

Te retenir nu contre moi,

Sentir tes formes sur les miennes

Et ton désir lourd et tremblant

Grelotter de fièvre à mon flanc.

J'aurai faim de ta chair vivante,

J'aurai ta vie entre mes bras.

id.

*

Ton désir est le fruit qui seul peut m'apaiser,

J'ai faim, donne-le moi que je morde au baiser,

C'est pour la faim du fruit, hélas! que je suis née.

Il est fait pour mon sang, il est fait pour mes lèvres,

Ma bouche l'a choisi, mon sang tremble de fièvre,

Ton corps est le fruit lourd qui doit combler mes bras,

Viens dans mes bras, mon âme à ton âme tout bas.

Viens, une joie ardente et triste me pénètre,

Ne dois-je pas trouver mon âme dans ton être,

Mon sein n'est-il pas fait pour ta bouche d'enfant.

Tu m'appelles, je viens, le chemin de ton sang

Est en moi, tout mon être est soumis à ta vie.

id.

*

Mais je suis belle d'être aimée,

Vous m'avez donné la beauté,

Jamais ma robe parfumée

Sur la feuille ainsi n'a chanté,

Jamais mon pas n'eut cette grâce

Et mes yeux ces tendres moiteurs

Qui laissent les hommes rêveurs

Et les fleurs même, quand je passe.

Primevère

 

 

Cécile Sauvage

 

 

*********************

 

 

Silence aux jeunes poètes !

 

Vie et mort du Prix Arthur Rimbaud

 

 

« C’est Rimbaud qu’on assassine »

 

     On dit que chacun porte en soi un poète qui meurt jeune. Maladie ? Suicide ? Assassinat ?

     Pour aider ce jeune poète encore vivant à se faire entendre, la Maison de Poésie a créé en 1991 le Prix Arthur Rimbaud réservé à un poète de 18 à 25 ans.

     Dédié à la jeune création poétique, ce Prix a permis à des milliers de jeunes gens de s’exprimer par la poésie, et à ceux dont les œuvres avaient été retenues, d’être publiés dans des revues, des florilèges, des recueils collectifs ou personnels. Son succès a été prodigieux et continu, les manuscrits reçus en nombre considérable étaient apportés par sacs postaux déversés à la Maison de Poésie.

 

     Plusieurs recueils ont été illustrés par de jeunes illustrateurs de l’École supérieure Estienne des arts et industries graphiques. Pendant près de 20 ans, ce Prix a été organisé par la Maison de Poésie-Fondation Émile Blémont en partenariat avec le Ministère de la Jeunesse qui a apporté le financement nécessaire à une organisation importante et assuré très efficacement sa diffusion en France métropolitaine et d’outre-mer, ainsi qu’à l’étranger. La Maison de Poésie a longtemps trouvé auprès de ce Ministère, de ses fonctionnaires, de ses responsables, un soutien efficace et constant au service des jeunes poètes, justifiant ainsi pleinement un titre variable (Ministère ou Secrétariat d’État), mais toujours au service de la jeunesse – quelle que soit la coloration politique du moment : Michèle Alliot-Marie, ministre RPR ou Marie-George Buffet, ministre communiste, ont chaleureusement présidé, lors de leur fonction ministérielle, la remise du Prix Arthur Rimbaud, tout comme les anciens champions Roger Bambuck et Jean-François Lamour, aux choix politiques différents.  

     Les uns et les autres ont aidé la jeune poésie vivante surgissant des villes, des banlieues, des campagnes, en France ou dans des pays de langue française – qu’ils en soient ici remerciés.

 

 

Disparition

     En mai 2007, le Ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, dirigé par Roselyne Bachelot, regroupa ces diverses administrations. En janvier 2009, le Haut-Commissariat à la Jeunesse fut confié à Martin Hirsch. La Maison de Poésie fut avisée à l’avance, avec un délai de courtoisie, que le Haut-Commissariat allait arrêter sa participation au Prix Arthur Rimbaud. Celui de 2009 serait le dernier du partenariat entre l’administration de « la Jeunesse » et la Maison de Poésie. Ce serait donc le dernier florilège des jeunes poètes publié par la Maison de Poésie.

 

     La Fondation Émile Blémont ne peut malheureusement pas assurer seule aujourd’hui  la charge financière de ce Prix devenu « une institution », comme on dit de façon flatteuse, mais correspondant à la réalité de son succès. Elle ne peut pas non plus lui assurer la large diffusion nécessaire.

     Des voix doivent se taire : la poésie n’appartient plus aux priorités de l’administration qui a encore changé de titre pour être aujourd’hui le « Ministère de la Jeunesse et des solidarités actives », confié à Marc-Philippe Daubresse. Cet abandon est celui d’une époque, la nôtre, qui préfère la fameuse « Société du spectacle » à l’expression intime et personnelle.

     Aucun mécène ne s’est manifesté pour reprendre le Prix Arthur Rimbaud qui disparaît en laissant tout de même une quinzaine de recueils, comme la trace étincelante d’une comète de ce qui fut « la jeune poésie » de ces voleurs de feu d’un aujourd’hui qui devient hier, dans le sillage du génial adolescent que le Fondateur de notre Maison de Poésie, Émile Blémont, avait fait asseoir avec son ami Paul Verlaine, au Coin de table de la Poésie.

Vignette de Lou Rhin.

Aperçus du Palmarès du Prix Arthur Rimbaud

 

- 1991. *Jean-Luc Despax, Grains de beauté.

- 1992. Aymeric Le Delliou, À la Billebaude.

- 1993. Colette Gevers, Croissance.

      Mentions : Joseph Bernier, Mitiely. Yves-Ferdinand Bouvier, Poèmes à croquer.

- 1994. Hélène Bourg, Nuit d’encre.

      Mention ; Jérôme Prévost, Caromantique.

- 1995. Zohra Karim, Les amours d’une peste. Isabelle Larpent, Les Cafés de Paris. Serge Ravennes, À la mort et aux étoiles.

     Florilège : * La Fleur de l’âge.

- 1996. Marie-Anne Bruch, Tableautin.

- 1997. Cécile Bétouret, Le Réel absolu.

      Florilège : *Le Point du jour.

- 1998. *Bertrand Suarez-Pazos, Vers des espoirs.

- 1999. Julien Dolidon, Arlequin en noir et blanc.

      Martin Laquet, Les Dés du temps n’ont qu’une face.

      Florilège : *Printemps pour un nouveau siècle.

- 2000. Frank Orsoni, Les Rires de larmes.

     Florilège : *« Cela s’appelle l’aurore ».

-2001. Nicolas Bousquet, Terres amères.

      Mentions : Stéphane Isselin, Prénoms obsessions. Maxence Przyborowski, Les Récits de nulle part.

     Florilège : *Les jeunes poètes font le printemps.

- 2002. Christophe Goarant, D’impressions textuelles en poèmes cyraniques.

      Florilège : *Le nouveau printemps des jeunes poètes.

- 2003. Marc-André Allard, Rerum novarum (Les choses nouvelles).

      Florilège : *Le vert laurier.

- 2004. Nicolas Pavée, Carnet de voyage.

      Florilège : *Primevers.

- 2005. Flore Tilly, Morceaux d’hirt.

      Florilège : *Cœurs en feu, cœurs en fête.

- 2006. Benjamin Terral,

     Florilège : *Rimbaud 006.

- 2007. Cédric Bertolino,

     Florilège : *Rimbaud 007.

- 2008. Aliénor Gauthier,

     Florilège : *Rimbaud 008.

- 2009. Amélie Nicolas, Esquisses.

      Mentions : Camille Bonneaux, D’âme et de boue. Romain Monsifrot, Désubstanciation. Anna Ayanoglou, Prémices.

Florilège : *Rimbaud 009.

                              

* Ouvrages publiés par la Maison de Poésie.

Vignette d'Alain Bouaziz.

 

 

                                                                             

 

   

LES PRIX DÉCERNÉS PAR LA MAISON DE POÉSIE

 

     Soucieuse de conserver la valeur de ses Prix, la Maison de Poésie en a récemment réduit le nombre en les regroupant. Les Prix sont décernés uniquement à des ouvrages édités. Ils peuvent ne pas être attribués si la Maison de Poésie ne retient aucun livre lui semblant digne d’intérêt.

 Les Prix décernés par la Maison de Poésie sont actuellement :

     * Le Grand Prix de la Maison de Poésie résulte du regroupement de cinq Prix de Fondation : le Prix Émile Petitdidier, le Prix Émile Blémont (du nom du Fondateur de la Maison de Poésie), les Prix Paul Damarix, Fernand Dauphin et Maurice Du Plessy.

      Ce Prix est attribué à un poète pour l’ensemble de son œuvre, sans candidature. Il est décerné en principe tous les deux ans, en alternance avec le Prix Louis Mandin.

     * Le Prix Louis Mandin, également sans candidature et pour l’ensemble d’une œuvre, est décerné en alternance avec le Grand Prix. Ce Prix fut instauré par un legs consenti par Madame Morvan, belle-sœur de Louis Mandin qui fut un poète (Grand Prix de la Maison de Poésie en 1937), critique  littéraire, résistant, décédé en déportation. 

      * Le Prix Paul Verlaine est attribué à un recueil de poèmes. On peut faire acte de candidature. Ce Prix fut créé en 1932. Il comprend le regroupement d’anciens Prix (Pierre Louÿs, Léon Valade, Gabriel Vicaire, Charles Péguy).

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     Trois autres Prix sont décernés sans périodicité. On peut faire acte de candidature :

     - Le Prix Émile Verhaeren est réservé à un poète étranger de langue française. Il comprend aussi l’ancien Prix Charles Van Lerberghe.

     - Le Prix Edgar Poe récompense la traduction en langue française d’un recueil de poèmes étrangers.

     - Le Prix Philippe Chabaneix est réservé à un ouvrage de critique ou d’histoire de la poésie. Il comprend aussi l’ancien Prix Léon Riotor.

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HISTORIQUE DES ANCIENS PRIX DE LA MAISON DE POÉSIE

 

 - Prix Émile Petitdidier, institué selon le testament d'Émile Blémont. Attribué à un ouvrage. N'est plus décerné. Il est regroupé avec d’autres dans le Grand Prix.

     Extrait du Testament d’Émile Blémont qui prévoyait l’instauration de Prix littéraires : « En tête du livre d’or où seront inscrits successivement les lauréats, il sera mentionné que ce prix fut institué en l’honneur de mon père, François Petitdidier, né à Herny, département de la Moselle, et de ma famille paternelle, originaire du pays messin, ainsi qu’à la mémoire de ma mère, François-Élisa Joly, et de ma famille maternelle où la poésie fut toujours l’objet d’un culte fervent et désintéressé. »

 - Prix Edgar Poe. Il a d'abord été attribué à des poètes étrangers de langue française. Aujourd'hui, il récompense la traduction en langue française d’un recueil de poèmes étrangers. Sans périodicité fixe. On peut faire acte de candidature.

 - Prix Léon Riotor, réservé à un ouvrage de critique ou d’histoire de la poésie. N’est plus décerné. Il a été regroupé avec le Prix Philippe Chabaneix.

 - Prix  Charles Van Lerberghe, fondé en 1957 et  « destiné à couronner un poète étranger dont le français est la langue maternelle » (extrait du Livre d’Or). N’est plus décerné. Il est regroupé avec le Prix Émile Verhaeren.

- Le Prix Charles Péguy n’a été décerné qu’une fois, le Prix Léon Valade deux fois. Ils sont aujourd’hui regroupés avec le Prix Paul Verlaine.

- Prix Arthur Rimbaud. Réservé à un poète de 18 à 25 ans, il a été décerné, sur manuscrit anonyme, de 1991 à 2009, en partenariat avec le Ministère de la Jeunesse. La Maison de Poésie a dû l’abandonner après la défection du Ministère.

 - Prix de poésie pour l’enfance et la jeunesse. Il a été décerné, sur manuscrit anonyme, de 1989 à 2003, en partenariat avec le Ministère de la Jeunesse. La Maison de Poésie a dû l’abandonner après la défection du Ministère.

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PALMARÈS DES PRIX DE LA MAISON DE POÉSIE

 

 1929

Prix Émile Blémont : Lucien Bonnefoy

1930

Prix Émile Blémont : Joseph‑Émile Poirier

Grand Prix de la Maison de Poésie : Louis Le Cardonnel

1931

Prix Émile Blémont : Louis Pize

Grand Prix de la Maison de Poésie : Victor‑Émile Michelet

Prix Edgar Poe : Jules Sottiaux (Belgique)

1932

Prix Émile Blémont : Raymond Genty

Grand Prix de la Maison de Poésie : Vincent Muselli

Prix Edgar Poe : Léon Decortis (Belgique)

1933

Prix Émile Blémont : Henry d'Yvignac

Grand Prix de la Maison de Poésie : Emmanuel Aegerter

Prix Edgar Poe : René‑Louis Piachaud (Suisse)

1934

Prix Émile Blémont : André Piot

Grand Prix de la Maison de Poésie : Fernand Mazade

Prix Edgar Poe : Camille Melloy (Belgique)

1935

Prix Émile Blémont : Julien Guillemard

Grand Prix de la Maison de Poésie : François Bernouard

Prix Edgar Poe : Charles Corm (Liban)

1936

Prix Émile Blémont : Alexandre Guinle

Grand Prix de la Maison de Poésie : Léon Bocquet

Prix Edgar Poe : Jacqueline Francœur (Canada)

1937

Prix Émile Blémont : Gaston Simon

Grand Prix de la Maison de Poésie : Louis Mandin

Prix Edgar Poe : Maurice Carême (Belgique)

Prix Paul Verlaine : Marguerite Comert

   1938

Prix Émile Blémont : René Girardeau

Grand Prix de la Maison de Poésie : André Mary

Prix Edgar Poe : Nelly Zananiri‑Vaucher (Égypte)

Prix Paul Verlaine : Philippe Chabaneix

1939

Prix Émile Blémont : Louis Foisil

Grand Prix de la Maison de Poésie : Georges‑Louis Garnier

Prix Edgar Poe : Robert‑Edward Hart (Grande‑Bretagne)

Prix Paul Verlaine : Alberty Flad

1940

Prix Émile Blémont : Marie Cossa

Grand Prix de la Maison de Poésie : Fernand Divoire

Prix Edgar Poe : Paul Prist (Belgique)

Prix Paul Verlaine : Philippe Dumaine

1941

Grand Prix de la Maison de Poésie : Henry‑Jacques

Prix Edgar Poe : Désiré‑Joseph d'Orbaix (Belgique)

Prix Paul Verlaine : Pierre Béarn

1942

Prix Émile Blémont : Jean Mariat

Grand Prix de la Maison de Poésie : Guy‑Charles Cros

Prix Paul Verlaine : Marius Boisson

1943

Prix Émile Blémont :  Yves Gandon

Grand Prix de la Maison de Poésie : André Berry

Prix Edgar Poe : Jean Cuttat (Suisse)

Prix Paul Verlaine : Robert Tardiveau

Prix Gabriel Vicaire : René Hener

1944

Prix Émile Blémont : René Avenel

Grand Prix de la Maison de Poésie : Philippe Chabaneix

Prix Edgar Poe : Benoît Braun (Belgique)

Prix Paul Verlaine : Raymonde Lefèvre

Prix Gabriel Vicaire : Jacques Marlet

1945 et 1946

Prix Émile Blémont : Albert Hennequin

Grand Prix de la Maison de Poésie : Léon Vérane

Prix Edgar Poe : Jean‑G. Lossier (Suisse)

Prix Paul Verlaine : Marguerite Savigny-Vesco

Prix Gabriel Vicaire : Jean-Claude Renard

1947

Grand Prix de la Maison de Poésie : Nicolas Beauduin

Prix Paul Verlaine : Emmanuel Looten

1948

Prix Émile Blémont : Armand Got

Prix Paul Verlaine : André Pourquier

Prix Gabriel Vicaire : Jacques Reynaud

1949

Grand Prix de la Maison de Poésie : Marie Noël

Prix Edgar Poe : Noël Ruet (Belgique)

Prix Paul Verlaine : André Florent

Prix Gabriel Vicaire : Jean Loisy

1950

Grand Prix de la Maison de Poésie :  Yves‑Gérard Le Dantec

Prix Edgar Poe : Albert Caraco (Uruguay)

Prix Paul Verlaine : Emile Pirollet

Prix Gabriel Vicaire : Pierre Grosclaude

1951

Prix Émile Blémont : Gérard Heim

Grand Grand Prix de la Maison de Poésie : Fernand Dauphin

Prix Paul Verlaine : Paul Gunther

Prix Gabriel Vicaire : Guy Chaste

1952

Prix Émile Blémont : Louis Amargier

Grand Prix de la Maison de Poésie :  Alphonse Métérié

Prix Edgar Poe : Robert Simon (Suisse)

Prix Paul Verlaine : Marguerite Henri‑Rosier

Prix Gabriel Vicaire : Raoul Cambiaggio

1953

Prix Émile Blémont : René Fernandat

Grand Prix de la Maison de Poésie : François‑Paul Alibert

Prix Edgar Poe : Armand Bernier (Belgique)

Prix Paul Verlaine : Élisabeth Borione

Prix Gabriel Vicaire : Henri Chabrol

1954

 Prix Émile Blémont : René Herval

Grand Prix de la Maison de Poésie : Tristan Klingsor

Prix Edgar Poe : Hilaire Theurillat (Suisse)

Prix Léon Riotor : Jacques Brenner

Prix Paul Verlaine : Georges Belloni

Prix Gabriel Vicaire : Germaine Blondin

1955

Prix Émile Blémont : Marcel Mompezat

Grand Prix de la Maison de Poésie : André Salmon

Prix Charles Péguy : A. de Saint‑Julien

Prix Edgar Poe : Joseph Ascar‑Nahas (Égypte)

Prix Paul Verlaine : Maurice Joucla

Prix Gabriel Vicaire : Pierre Allain-Cornic

1956

Prix Émile Blémont : Jacques Charles

Grand Prix de la Maison de Poésie : Charles Vildrac

Prix Charles Péguy : Marguerite Comert

Prix Edgar Poe : Robert Choquette (Canada)

Prix Léon Riotor : Gaston Picard

Prix Paul Verlaine : Maurice-Pierre Boyé

Prix Gabriel Vicaire : Pierre Gabriel

1957

Prix Émile Blémont : Louis Ducla

Grand Prix de la Maison de Poésie : Maurice Fombeure

Prix Edgar Poe : Gentille Arditty‑Puller (Turquie)

Prix Charles Van Lerberghe : Paul Dresse (Belgique)

Prix Paul Verlaine : Alexandre Guinle

Prix Gabriel Vicaire : Gisèle Lombard‑Mauroy

1958

Prix Émile Blémont : Marcel Chabot

Grand Prix de la Maison de Poésie : Guy Chastel

Prix Edgar Poe : Gaston Figueira (Uruguay)

Prix Léon Riotor : Maurice Rat

Prix Charles Van Lerberghe : Paul Palgen (Luxembourg)

Prix Paul Verlaine : Henri Bernet

Prix Gabriel Vicaire : Christian Robert

1959

Prix Émile Blémont : Jean‑Émile Bénech

Grand Prix de la Maison de Poésie : Albert Flory

Prix Edgar Poe : Armand Godoy (Cuba)

Prix Charles Van Lerberghe : Pierre Nothomb (Belgique)

Prix Paul Verlaine : Mary Cressac

Prix Gabriel Vicaire : F. Chaffiol‑Debillemont

1960

Prix Émile Blémont : Magdeleine Labour

Grand Prix de la Maison de Poésie : Robert Houdelot

Prix Edgar Poe : Lionello Fiumi (Italie)

Prix Léon Riotor : Michel Décaudin

Prix Charles Van Lerberghe : Gilbert Trolliet (Suisse)

Prix Paul Verlaine : Claude Fourcade

Prix Gabriel Vicaire : Gurunhuel

1961

Prix Émile Blémont : Maurice d'Hartoy

Grand Prix de la Maison de Poésie : Georges Belloni

Prix Edgar Poe : de Corter (Hollande)

Prix Charles Van Lerberghe : Maurice Beerblock (Belgique)

Prix Paul Verlaine : André Lo Celso

Prix Gabriel Vicaire : Marcel Pays

1962

Prix Émile Blémont : Charles Thibault

Grand Prix de la Maison de Poésie : Jean Lebrau

Prix Edgar Poe : Léon Laleau (Haïti)

Prix Léon Riotor : Raymond Lebègue

Prix Charles Van Lerberghe : de Rockers

Prix Paul Verlaine : Jean Pourtal de Ladevèze

Prix Gabriel Vicaire : Michèle Comte

1963

Prix Émile Blémont : Claude‑Paul Couture

Grand Prix de la Maison de Poésie : Louis Pize

Prix Edgar Poe : Diego Valeri (Italie)

Prix Charles Van Lerberghe : Norge (Belgique)

Prix Paul Verlaine : André-Rémy Néris

Prix Gabriel Vicaire : Dominique Arel

1964

Prix Émile Blémont : Lionel Tabuis

Grand Prix de la Maison de Poésie : Charles Forot

Prix Edgar Poe : Pierre Trottier (Canada)

Prix Charles Van Lerberghe : Philippe Jacottet (Suisse)

Prix Paul Verlaine : Violette Rieder

Prix Gabriel Vicaire : Mathilde Pomès

1965

Prix Émile Blémont : Jehan Despert

Grand Prix de la Maison de Poésie : André Blanchard

Prix Edgar Poe : Robert Ganzo (Vénézuela)

Prix Charles Van Lerberghe : Edmond Vandercammen (Belgique)

Prix Paul Verlaine : Jane Kieffer

Prix Gabriel Vicaire : Albert‑Jean Guibert

1966

Prix Émile Blémont : Jean Camp

Grand Prix de la Maison de Poésie : Jacques Charles

Prix Edgar Poe : Nelly Gédéon (Liban)

Prix Léon Riotor : Joseph Majault

Prix Charles Van Lerberghe : Carlo Masoni (Belgique)

Prix Paul Verlaine :  Marie‑Thérèse Arnoux

Prix Gabriel Vicaire : Roland Le Cordier

1967

Prix Émile Blémont : Antony Lhéritier

Grand Prix de la Maison de Poésie : Pierre Menanteau

Prix Fernand Dauphin : Louis Amargier

Prix Charles Van Lerberghe : Anne‑Marie Kegels

Prix Paul Verlaine : Camille Lecrique

Prix Gabriel Vicaire : Marcelle Gérard

1968

Prix Émile Blémont : Victor Bernard

Grand Prix de la Maison de Poésie : Christian Dédéyan

Prix Fernand Dauphin : Paul Zenner

Prix Edgar Poe : Émilianidès

Prix Léon Riotor : Pierre Labracherie

Prix Paul Verlaine : Henriette Hermelin

Prix Gabriel Vicaire : Élyette Boulen

1969

Prix Émile Blémont : Claudine Amiel

Grand Prix de la Maison de Poésie : Jean Berthet

Prix Fernand Dauphin : Marcel Beguey

Prix Charles Van Lerberghe : Jean‑Guy Pilon (Canada)

Prix Paul Verlaine : Micheline Dupray

Prix Gabriel Vicaire : Jean Vuaillat

1970

Prix Émile Blémont : André Henry

Grand Prix de la Maison de Poésie : Claude Fourcade

Prix Fernand Dauphin : François Pradelle

Prix Léon Riotor : Henri Clouard

Prix Charles Van Lerberghe : Robert‑Lucien Geeraert

Prix Paul Verlaine : Simone Ricard

Prix Gabriel Vicaire : Bernard Aurore

1971

Prix Émile Blémont : Maurice Courant

Grand Prix de la Maison de Poésie :  Frances de Dalmatie

Prix Fernand Dauphin : Pierre Loubière

Prix Edgar Poe : Lamine Diakhité (Sénégal)

Prix Paul Verlaine : Fernand Moutet

Prix Gabriel Vicaire : Pierre Autize

1972

Prix Émile Blémont : Jean Humbert

Grand Prix de la Maison de Poésie : Pierre Moussarie

Prix Fernand Dauphin : Henriette Hermelin

Prix Léon Riotor :Bernard Delvaille

Prix Charles Van Lerberghe : Andrée Sodenkamp (Belgique)

Prix Paul Verlaine : Claire de La Soujeole

Prix Gabriel Vicaire : Charles Bory

    

1973

Prix Émile Blémont : Pierre Auradon

Grand Prix de la Maison de Poésie : Pierrette Sartin

Prix Fernand Dauphin : Michèle Comte

Prix Edgar Poe : Pierette Micheloud (Suisse)

Prix Paul Verlaine : Jean‑Luc Moreau

Prix Gabriel Vicaire : Brigitte Level

1974

Prix Émile Blémont : René Cousin

Grand Prix de la Maison de Poésie : Paul Damarix

Prix Fernand Dauphin : André Lo Celso

Prix Léon Riotor : Albert Flory

Prix Charles Van Lerberghe : Claudine Bernier (Belgique)

Prix Paul Verlaine : Henri Arbousset

Prix Gabriel Vicaire : Roger‑Jean Charpentier

1975

Prix Émile Blémont : Jehan Despert

Grand Prix de la Maison de Poésie : Jeanne Sandelion

Prix Fernand Dauphin : Jane Kieffer

Prix Edgar Poe : Bernard Dadié (Côte d'Ivoire)

Prix Paul Verlaine : Lazare Iglésis

Prix Gabriel Vicaire : Emilienne Kerhoas

1976

Prix Émile Blémont : Jacquette Reboul

Grand Prix de la Maison de Poésie : Philippe Dumaine

Prix Fernand Dauphin : Jean‑Luc Moreau

Prix Léon Riotor : Pierre Loubière

Prix Charles Van Lerberghe : Marcel Hennart (Belgique)

Prix Paul Verlaine : Anne-Marie de Backer

Prix Gabriel Vicaire : Henri Meillant

1977

Prix Émile Blémont : Raoul Cambiaggio

Grand Prix de la Maison de Poésie : Georges Gabory

Prix Fernand Dauphin : Maurice Courant

Prix Edgar Poe : Charles Bory (Suisse)

Prix Paul Verlaine : Ginette Bonvalet

Prix Gabriel Vicaire : Renée de Chastelain

1978

Prix Émile Blémont : Fernand Moutet

Grand Prix de la Maison de Poésie : Jane Kieffer

Prix Fernand Dauphin : Jean Vuaillat

Prix Léon Riotor : Jean Loisy

Prix Charles Van Lerberghe : Albert Ayguesparse (Belgique)

Prix Paul Verlaine : Colette Benoîte

Prix Gabriel Vicaire : Gaston Bourgeois

  

1979

Prix Émile Blémont : Pierre Osenat

Grand Prix de la Maison de Poésie : Paul Lorenz

Prix Fernand Dauphin : Magdeleine Labour

Prix Edgar Poe : Rina Lasnier (Canada)

Prix Léon Riotor : Jean Guirel

Prix Léon Valade : Geneviève Chouan's

Prix Paul Verlaine : Christiane Cauët

Prix Gabriel Vicaire : Marie‑Aimée Kermorvan

1980

Prix Émile Blémont : Maryse Lévy

Grand Prix de la Maison de Poésie : Marie-Claire Fleury

Prix Paul Damarix : Michel Boyer

Prix Maurice du Plessys : Henri Courmont

Prix Léon Riotor : Jehan Despert

Prix Léon Valade : Michel Beau

Prix Charles Van Lerberghe : Jean Mogin (Belgique)

Prix Paul Verlaine : Pierre Autize

Prix Gabriel Vicaire : Henriette Hermelin

1981

Prix Émile Blémont : Roland Le Cordier

Grand Prix de la Maison de Poésie : Lucienne Desnoues

Prix Paul Damarix : Simone Dufay

Prix Fernand Dauphin : Anne‑Marie de Backer

Prix Maurice du Plessys : Claire de La Soujeole

Prix Edgar Poe : Anne Fontaine (Suisse)

Prix Léon Riotor : André Camus

Prix Léon Valade : André Lo Celso

Prix Paul Verlaine : Maurice Courant

Prix Gabriel Vicaire : André Duvignac

1982

Prix Émile Blémont : Christiane Cauët

Grand Prix de la Maison de Poésie : Pierre Osenat

Prix Paul Damarix : Paule Laborie

Prix Fernand Dauphin : Jean Humbert

Prix Maurice du Plessys : Henri Arbousset

Prix Léon Riotor : Guy Tellenne

Prix Léon Valade : Henry Meillant

Prix Charles Van Lerberghe : Marie‑Claire d'Orbaix (Belgique)

Prix Paul Verlaine : André Hastoy

Prix Gabriel Vicaire : Janine Sabatier

1983

Prix Émile Blémont : Michel Henry

Grand Prix de la Maison de Poésie : Alfred Rosset

Prix Philippe Chabaneix : Jean Berthet

Prix Fernand Dauphin : Jean Laugier

Prix Maurice du Plessys : Renée de Chastelain

Prix Edgar Poe : Juliette Decreus (Belgique)

Prix Paul Verlaine : Georges Saint‑Clair

  

1984

Grand Prix de la Maison de Poésie : Jean Favier

Prix Philippe Chabaneix : Christiane Cauët

Prix Paul Damarix : Louis Levionnois

Prix Fernand Dauphin : Éliette Boulen

Prix Maurice du Plessys : Michel Boyer

Prix Léon Valade : Suzanne Denglos

Prix Charles Van Lerberghe : Anne‑Marie Derèse (Belgique)

Prix Paul Verlaine :  Lucien Feuillade

1985

Grand Prix de la Maison de Poésie : Jean‑Luc Moreau

1986

Grand Prix de la Maison de Poésie : Vital Heurtebize

Prix Paul Verlaine : Jean Decellas

1987

Grand Prix de la Maison de Poésie : Yves La Prairie et René Tavernier

Prix Philippe Chabaneix : Marie‑Thérèse Arnoux et Bernard Lorraine

Prix Paul Damarix : Gine Delieure

Prix Jules Laforgue : Jian Huosheng et Pierre de Taulignan

Prix Pierre Louÿs : Pierre Ursin‑Dumont

Prix Maurice du Plessys : Yves Bernard

Prix Edgar Poe : Jacques Charpentreau

Prix Charles Van Lerberghe : Lucy Torrekens (Belgique)

Prix Paul Verlaine : Henri de Visscher

1988

Grand Prix de la Maison de Poésie : Claude Roy

Prix Philippe Chabaneix : Catherine Paysan

Prix de la critique : Jean-Baptiste Morvan

Prix Paul Damarix : Charles Charras

Prix Jules Laforgue : Michel Bulteau

Prix Paul Verlaine : Marc Alyn

1989

Grand Prix de la Maison de Poésie : Liliane Wouters

Prix Philippe Chabaneix : Renée Garcia

Prix Fernand Dauphin : Bernard Jourdan

Prix Jules Laforgue : Micheline Dupray

Prix Pierre Louÿs - Prix de la critique : Robert Arribaut

1990

Grand Prix de la Maison de Poésie : Marc Alyn

Prix Paul Verlaine : Hélène Cadou

1992

Grand Prix de la Maison de Poésie : Luc Decaunes

Prix Paul Verlaine : Michel Calonne

1994

Prix Edgar Poe : Jean Malaplate

Prix Paul Verlaine : Gérard Bocholier

1995

 Grand Prix de la Maison de Poésie : Lucien Feuillade

  1999

Prix Paul Verlaine : Henri‑Frédéric Blanc et Claudine Bohi

2000

Grand Prix de la Maison de Poésie : Anne‑Marie Derèse

2001

Prix Paul Verlaine : Bernard Plin

2002

Prix Paul Verlaine : Maximine

2005

Prix Louis Mandin : Jacques Réda

Prix Paul Verlaine : Chaunes et Sylvoisal

 2010

Grand Prix de la Maison de Poésie : Jean‑Claude Pirotte

Prix Paul Verlaine : Jacques Bertin

Prix Philippe Chabaneix : Béatrice Marchal

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