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LA MAISON DE POÉSIE


Fondation Émile Blémont

Reconnue d´utilité publique


16, rue Monsieur-le-Prince. 75006 Paris


     

Nouveauté

 

GILLES DE OBALDIA

 

La langue des oiseaux

 

POÈMES

 

 

Obaldia. Langue des oiseaux Couverture

    

 

     La publication de ce deuxième recueil de Gilles de Obaldia témoigne de la réussite des deux éditions du premier, L’herbe haute. On sait bien que c’est à son deuxième recueil qu’on attend le jeune poète au tournant. Mais c’est inutile : il a pris la voie des airs et emprunté la voix des oiseaux.

     La double métaphore est justifiée par la légèreté de ses poèmes, par leur grâce et par leur fantaisie. C’est une nouvelle explosion de bonheurs foisonnants, dans la tradition de René Guy Cadou, de Jules Supervielle, de Claude Roy : la nature, l’amour, la joie de vivre, les merveilles du monde, l’alliance du fantastique et du quotidien, c’est une floraison d’images, un envol de chants, de mots, d’émotions.

     Ce recueil palpitant de vie, de saveurs et de bonheurs offre à tous les lecteurs, même les plus méfiants à l’égard d’une poésie contemporaine trop souvent illisible, des poèmes d’une beauté évidente comme un envol de colombes dans un ciel de printemps.

Un livre de 96 pages, 11,7 cm x 18,5 cm. 16 euros.
ISBN : 978-2-35860-017-0

LA MAISON DE POÉSIE
SOCIÉTÉ DES POÈTES FRANÇAIS. 16, RUE MONSIEUR-LE-PRINCE. 75006 PARIS

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Ce qu’on en pense :

 

 

Gilles de Obaldia

 

 

 

La Langue des oiseaux

 

 

 

     (…) L’important est la musicalité, bien présente, en particulier parce que le poète évoque La langue des oiseaux, ce qui se prête peu à des cris ou des expressions brutales. Et je dois dire que l’auteur, qui porte le nom d’un de mes dramaturges favoris, est peut-être fils ou parent de ce cher René, se nommant Gilles de Obaldia. Ce qui se confirme également, c’est, comme le seul recueil que je pardonne à un certain Verheggen, une œuvre dédiée à la mère disparue de l’auteur, et cela accentue l’émotion et le sens de la simple beauté des choses qui se dégagent de ces poèmes que je pourrais citer sans choisir et prendre au hasard dans ce volume. Par exemple : « Il y a en chaque mouette un poète / qui marche en équilibre dans le vide » ou « Il est temps de remonter par l’étroit goulet du rêve /et de chavirer avec la Lune / pour être dans l’écume blanche des rives… » Il faut toujours remonter des fonds qui nous menacent, d’un simple appel du pied. C’est presque une leçon.

 

 

 

Paul Van Melle. Inédit nouveau. N° 259. Novembre-Décembre 2012. 11, avenue du Chant d’oiseaux. B-1310 La Hulpe. Belgique.

 

 

 

 

                                                             

 

Poètes de la Maison de Poésie pour les enfants russes

 

 

     Un bel album illustré publié à Moscou regroupe à l’intention des enfants des poèmes traduits en russe de cinq poètes publiés par la Maison de Poésie : Jacques Charpentreau, Jean-Luc Moreau, Lise Mathieu, Robert Vigneau et Jacqueline Saint-Jean.

     Jacques Charpentreau et Jean-Luc Moreau sont administrateurs de la Maison de Poésie-Fondation Émile Blémont.

     Robert Vigneau a récemment publié Une vendange d’innocents à la Maison de Poésie.

     Lise Mathieu et Jacqueline Saint-Jean sont lauréates du Prix de Poésie pour l’enfance et la Jeunesse de la Maison de Poésie.

Monsieur, Monsieur, quelle heure est-il ?

Traducteur : Mikhaïl Yasnov. Illustrateur : Mikhaïl Bytchkov. Éditeur : Detzig.

 

     monsieur           Charpentreau

 

Monsieur, Monsieur, Quelle heure est-il ?                Jacques Charpentreau.

 

                              mathieu Moreau

 

                   Lise Mathieu.                                              Jean-Luc Moreau.

 

     vigneau                    saint jean

 

                 Robert Vigneau.                                                Jacqueline Saint-Jean.

 

 

                                                                                             

 

Jacques Charpentreau

Ombres légères 

 

Élégies

 

couverture du recueil

 

     Le sous-titre, élégies, indique qu'il s'agit d'un recueil grave, évoquant ces ombres qu'instaure peu à peu le crépuscule, celui du jour comme celui de la vie.

     Mais ces ombres restent légères (ou on veut le croire) et elles ne sont pas encore totalement celles de la nuit. De cette alliance naît le charme poétique.

 

      Les thèmes sont ceux de toute vie, de l’enfance à la maturité, des saisons éphémères à la nature éternelle, dans le mystère du monde, des choses et des êtres : des joies, des peines, des accords, des refus. Mais on ne peut pas définir un poète par ses thèmes. Plutôt par son chant qui est bien ici celui de la poésie française, dans une forme très exacte et très subtile, toujours harmonieuse, celle de la musique si personnelle d’un poète dont l’œuvre a été récompensée par de nombreux Prix et appréciée par ses lecteurs.

      Cette poésie riche d’images et de symboles semble toujours couler de source. Elle offre l’évidence et la simplicité de la vie, si bien qu’à chaque page le lecteur entend l’écho de son propre cœur.

 

 
 
 

 

Un livre de 80 pages, 13 x 20 cm. 16 euros.

ISBN : 978-2-35860-005-7. EAN : 9782358600057.

 

Sous l’arbre

Quelle est l’habile dentellière

Qui dessina le fin réseau

D’ombres tissées sur la lumière ?

Les jours ont mêlé leurs fuseaux

Que viendra couper l’étrangère

La Parque ultime aux noirs ciseaux.

Dernier souffle de l’éphémère

Sous la morsure du biseau

Envolez-vous ombres légères

Battements d’ailes des oiseaux.

***

Le soir

Ni chien ni loup le crépuscule

Estompe le dernier décor

C’est l’heure des jeteurs de sorts

Et lentement le temps bascule.

Étoile d’or ou renoncule

Chien ou loup qu’importe qui mord

Le jour la nuit la vie la mort

Un même souffle encor circule.

Tremblantes chimères du soir

Près de moi venez vous asseoir

Mes familières étrangères.

Je ne peux plus vous discerner

Je sens que vous m’avez cerné

Je vais vous suivre, ombres légères.

***

L’espérance

Quand le vent des forêts marmonne

La sombre élégie de l’automne

Dans les arbres qui s’abandonnent,

Je pense au retour du printemps,

Aux rires frais des jeunes filles,

Au jaune tremblant des jonquilles,

Aux miroirs des sources qui brillent ;

En moi le vieil espoir attend

Que par l’éternelle magie

Tout sorte de la léthargie

Et dans la plaintive élégie,

C’est l’espérance que j’entends.

Le printemps rit, l’automne pleure.

Je ne sais ni le jour ni l’heure

Dont le printemps sera le leurre

Quand je glisserai hors du temps.

***

Un inconnu

Nous sommes condamnés en évoquant l’histoire

À dérouler la litanie des noirs tyrans,

Alexandre, César, Napoléon, les grands

Ravageurs de la terre, ivres de leurs victoires,

Hitler jetant les juifs aux fours des crématoires,

Staline et son goulag, aux morts indifférent.

L’histoire a retenu les noms des conquérants,

Le sanglant palmarès des assassins notoires.

Mais toi, mon pauvre ami, qui sait encor ton nom ?

Je témoigne aujourd’hui pour Jacques Salomon

Dans Paris asservi par une horrible faune,

Lorsque pour obéir à l’ordre des bourreaux

Nous prenions le dernier wagon dans le métro

Avec nos quatorze ans et ton étoile jaune.

***

À l’inconnu

L’automne est temps de l’élégie

Quand la pluie brouille l’effigie

Sur la stèle de bronze vert

Où l’on tente avec nostalgie

De lire le nom qui se perd.

Et lentement le nom s’efface

Comme s’estompent quoi qu’on fasse

Les visages que l’on aimait.

Le temps abolit toute trace

Dans son grand silence à jamais.

À cet inconnu sous la pierre

Dont le nom lui-même est poussière

Que rien ne peut plus retenir

L’automne offre en une prière

L’élégie de son souvenir.

***

CE QU'ON EN PENSE

 

"Un art consommé"

     (...) "Un style personnel fait d'harmonie et de subtilité, caractéristique de Jacques Charpentreau : choix d'un classique pur mais sans lourdeur, oscillant de l'octo au décasyllabe, verbe limpide exempt de prétentieuse recherche, offrant un équiloibvre entre les langages usuel et poétique, avec des images riches s'appuyant sur un champ lexical à la portée des cœurs simples. Je ne veux surtout pas dire par là qu'il s'agit d'un style 'ordinaire‘, bien au conntraire : avec un art consommé, tout de grâce et de sobriété, Jacques Charpentreau ouvre le monde poétique à un large lectorat, loin des arcanes d'un verbe intellectuel ou au contraire complètement déstructuré. En ce qui concerne le fond, on ne peut qu'être touché par cette souffrance sous-jacente de l'homme qui sait que son parcours doit prendre fin. Il le sait, il l'accepte, mais... la vie était si belle malgré tout ce qu'on a pu lui reprocher ! Pourquoi la jeunesse nous quitte-t-elle si vite ? Pourquoi passons-nous plus de temps à feuilleter des souvenirs qu'à jouir de ces moments de bonheur éphémère dont vibre la poésie de Jacques Charpentreau ? 'Et dans la plaintive élégie / C'est l'espérance que j'entends...‘ La poésie et l'espérance, deux états qui permettent de transcender la finitude de l'être : lisez Ombres légères, le chant immortel d'un poète devant la vie."

     Catherine Bankhead, Art et Poésie de Touraine. N° 199. Hiver 2009.

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« Ce que la poésie n’aurait jamais dû cesser d’être… »

     « Imaginons que je ne connaisse pas Jacques Charpentreau, que je n’aie pas souvent sous la main son immense Dictionnaire de la Poésie française (Fayard, 2006), que je n’aie jamais entendu mes petits enfants réciter ses poèmes (quand ils ont un maître ou une maîtresse de goût), que je n’aie pas feuilleté d’autres recueils, le poète, je le reconnais entre titre et sous-titre : Ombres légères Élégies. Élégies légères : entendez-vous ce jeu des l et des g ? Ce n’est pas une recherche d’anagramme, c’est par l’oreille l’adjectif qui fait une ombre tamisée au nom, une osmose légère. Élégies du soir (j’ai pensé à Moréas, dont j’aime tant certaines stances), « Avant la Parque aux noirs ciseaux », élégies d’automne (le premier poème, À l’inconnu, « L’automne est temps de l’élégie », est admirable) et de la dernière rose (là j’ai pensé encore à d’Aubigné – vous l’avez trouvé au début de ce numéro – : « une rose d’automne est plus qu’une autre exquise » ; J. Charpentreau lui-même ouvre un sonnet en citant « le farouche Agrippa » : « Tout le plaisir des jours est dans leur matinée », mais j’attribuais ce vers à Malherbe dans ses Stances et la suite : « La nuit est déjà proche à qui passe midi »), élégies de la pluie et du vent. Je me laisserais aller à accrocher à ces quelques lignes un éclat de chaque poème.

     Parce qu’il rime, parce que ses vers sont réguliers, répartis en strophes, qu’il compose même des sonnets, Jacques Charpentreau serait un poète d’un autre temps ? Entrez dans le recueil, sans préventions, laissez-vous prendre par la douce musique des mots qui s’épousent, conduire par les images qu’ils font lever, égarer même par le jeu d’échos internes (« Envolez-vous ombres légères »), peut-être alors direz-vous : voilà ce que la poésie n’aurait jamais dû cesser d’être. Un dernier mot, personnel. Jacques Charpentreau fait beaucoup de confidences, à mi-voix. Toutes me touchent. Faut-il choisir ? J’hésite entre le dernier poème, Ne cherchez pas…, qui est un adieu, et p. 36, Le petit enfant au tablier noir. C’est lui que je choisis, parce que je le connais aussi… »

Bernard Plessy, Le Bulletin des Lettres. n° 689. Mars 2010.

 

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Un charme qui éveille l’esprit

     (…) Mais quelles sont ces Ombres légères qui nous valent le titre ? Le poète donne un peu la clé dans le premier poème mis en préambule : Le soir tisse son fin réseau / Autour des heures passagères, / Avant la Parque aux noirs ciseaux, / Envolez-vous ombres légères.

     Ces ombres, ne sont-ce pas celles qui tournent autour de nous lorsque descend le soir et que nous apparaissent les traits de ceux qui nous ont quittés ?... Et lentement le nom s’efface  / Comme s’estompent quoi qu’on fasse / Les visages que l’on aimait… Au soir de notre vie, à l’automne de notre vie plutôt – Je déchiffre partout les signes que nous donne / L’automne écartelée, saison du mauvais sort – nous sommes plus entourés d’ombre que de lumière : Tremblantes chimères du soir / Près de moi venez vous asseoir / Je sens que vous m’avez cerné / Je vais vous suivre ombres légères.

      Chant de deuil : deuil de sa jeunesse : Jeunesse, ô belle étrangère / Partie en catimini / disparue à la légère / N’en parlons plus c’est fini. Deuil d’un ami disparu dans la tourmente de la déportation : Mais toi, mon pauvre ami, qui sait encor ton nom ? / Je témoigne aujourd’hui pour Jacques Salomon / Dans Paris asservi par une horrible faune, / Lorsque pour obéir à l’ordre des bourreaux / Nous prenions le dernier wagon sans le métro / Avec nos quatorze ans et ton étoile jaune. Un ami oublié de tous, alors que l’histoire a retenu le nom des conquérants / Le sanglant palmarès des assassins notoires.

      Ici, le chant de deuil se transforme en cri de douleur, et même de révolte : Non, ceux que notre monde offense / Ce sont ces enfants sans défense / Piétinés, jetés dans les fosses. // C’est le peuple des bidonvilles / Esclaves de maîtres serviles, / Les âmes broyées sans retour.

      Le poète, cependant, ne peut pas se laisser aller complètement au désespoir. S’adressant aux générations futures, il laisse entendre qu’un monde nouveau peut jaillir, si elles savent redresser la tête : Arrêtez de vous abaisser ! // Alors nous dirons autre chose / Dans nos poèmes délassés / Et nous pourrons sans vous froisser / Offrir des lilas et des roses / Aux belles – et les embrasser. On pourra de nouveau chanter la vie et la nature. Revenir à la vraie culture peut-être, celle qui est bafouée par les médias et la mode pipole. Mais, ce temps, le reverrons-nous, nous qui sommes sur la dernière ligne droite ? Je n’espère plus voir la vieille République / Rajeunir en chassant Césarin et sa clique / Qui règnent par les jeux, le sport et la télé / Sur un peuple soumis, pauvre et décervelé.

      Cette vie pourtant si belle dans le souvenir ! Pigeons qui roucoulez sur le toit de l’église / Dans le soleil levant, / Votre fidélité toujours me tranquillise, / J’écoute et suis vivant. Cette vie passagère, qu’il faut goûter à son heure : Mon plaisir de ce jour en cette matinée / C’est de mettre mes pas dans ceux du jardinier. Car le temps passe et ne revient pas : L’instant se tisse au fugitif instant / Le dais du ciel sur le vide se tend / Déjà le temps tourne son sablier.

      J’aimerais commenter longtemps encore ce recueil qui nourrit ma réflexion, qui prouve que l’idée ne tue pas la poésie, comme le disait Cocteau, en faisant sans doute référence à ceux qui dissertent en vers. Jacques Charpentreau manie harmonieusement le dire et la façon de dire, il nous charme tout en éveillant notre esprit.

     La poésie dite à tort classique et plus encore à formes fixes (donc figées, dans l’esprit du lecteur éventuel), a de beaux jours devant elle, pour peu qu’elle rencontre des poètes de talent, qui cultivent une langue claire, coulant de source, sans mièvrerie ni remplissage, des poètes qui sacrifient davantage à Apollon qu’à Hermès. Nous sommes quelques-uns encor / À chercher dans notre athanor / Les restes de cette hérésie. // Et parfois de nos mots grisés / Nous trouvons au fond du creuset / L’or secret de la poésie. Continuez, cher Jacques Charpentreau, vous qui êtes de ceux-là à nous combler de cette merveilleuse alchimie.

Louis Delorme, revue Le Cerf-volant, n° 219. Deuxième trimestre 2010.

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Un émerveillement paisible

     « Et puis il y a La Poésie qui se suffit d’elle-même, marque une pause infime dans le temps et poursuit sa route en guirlande de mots choisis et de vers égrenés en harmoniques, comme des morceaux d’une musique jamais achevée. Une douceur sans mièvrerie, une sagesse sans emphase, une réflexion qui touche au mot juste, ni plus ni moins. Un instant de délice qui ressource après la passion et le déchirement. C’est cet émerveillement paisible que j’ai ressenti en tournant les pages des Ombres légères de Jacques Charpentreau (Maison de Poésie).

     « Les mêmes mots » récapitulent avec une lucidité joyeuse le sens de la poésie. Lisez plutôt : « Les pièces de monnaie des mots / Ayant traîné dans mille poches / Alourdies de joies et de maux (…) Des mots usés, connus, polis, / Passant de poème en poème / Des mots au prestige aboli / (…) Venus du fond ob scur du temps / Les mots nous portent leur message / C’est la vie en eux que j’entends ». Le poète les entend et nous les offre à entendre avec tant de simplicité que nous restons émerveillés. Bilan d’une vie, réflexion sur une vie, pas la vie, juste une évocation, un souffle léger… Ombres légères qui se déplacent, s’envolent sous la plume de l’artiste, aériennes, subtiles et souvent pleines d’humour, tête tournée vers le passé, un sourire à peine effacé. Un bijou ciselé de main d’oirfèvre, un ensemble tissé en une toile colorée et parefumée, car on goûte le parfum doux-amer des « mêmes mots, de mêmes images (…) / Le tigre du poème acculé dans sa cage ». Allez donc déguster ces textes de choix, ces textes voluptueux, onctueux, qui toujours bousculent nos certitudes et émeuvent tous nos sens. Un vrai bonheur pour éclairer nos chemins de vie. »

Annpôl K. Revue Le Manoir des Poètes. 2010.

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Le petit enfant au tablier noir

Le petit enfant au tablier noir

Les yeux grand ouverts étonné de voir

La foule des gens le flot des trottoirs

Puis les murs fermés la cour de l’école

La course les jeux chat et pigeon-vole

Gendarmes voleurs c’est lui qui s’y colle

Le maître savant la craie les cahiers

Les doigts hésitants tachant le papier

Les cartes aux murs les vieux encriers

Grammaire et calcul la chanson des tables

Leçons et devoirs réciter les fables

Livres et crayons au fond du cartable

Tout apprendre pour enfin tout savoir

Le petit enfant au tablier noir

Qui se regardait au fond du miroir

Devenir un autre en restant le même

Celui qui rêvait et voulait qu’on l’aime

Celui qu’enchantaient les mots des poèmes

Parcourant le monde au hasard des vers

Écrivant rimant à tort à travers

Ce chant délivrant tout un univers

Et la source vive où jaillit la vie

Et la vie toujours par la vie suivie

D’autres yeux d’enfants que la vie convie

Si loin si perdu l’enfant du passé

Une croix d’honneur et le cœur blessé

Le liséré rouge est-il détressé

Malgré tant d’années son ombre persiste

Dans son sarreau noir je sais qu’il existe

Il est toujours là silencieux et triste

Je le reconnais quand il vient s’asseoir

Au fond du jardin près de moi le soir

Le petit enfant au tablier noir.

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Rimbaud 009

Nouvelle anthologie de la jeune poésie d’aujourd’hui

90 poèmes inédits de 28 poètes de 18 à 25 ans

 

Couverture du recueil

 

      Ce livre réunit les meilleurs poètes Prix Arthur Rimbaud. On pourrait dire que ce Prix est devenu « une institution », puisqu’il revient régulièrement chaque année; ce n’est pas le cas, car il ne s’adresse qu’à de jeunes poètes de dix-huit à vingt-cinq ans – et leur jeunesse écarte tout danger de sclérose. Le Prix Arthur Rimbaud vient d’atteindre sa majorité. Voilà dix-huit ans, en décembre 1991, le premier Prix récompensait un jeune étudiant devenu aujourd’hui un poète reconnu, Jean-Luc Despax. Les plus jeunes concurrents de notre année 2009 sont nés à ce moment-là. Et ils prennent la parole à leur tour. De nouveaux poètes nous arrivent.

      Cette nouvelle anthologie réunit les meilleurs poèmes d’une trentaine de jeunes poètes sélectionnés cette année, qui pourraient nous rassurer si nous étions inquiets : voici une poésie vivante, avec la fougue, le bonheur ou la souffrance, et l’amour, bien sûr, de ceux qui entrent dans une société qu’ils n’ont pas choisie, mais elle est là : la leur. Un monde à transformer. Toute la vie, merveilleuse et impitoyable. Ils ont l’âge pour le faire et les mots pour le dire. Cela vaut la peine de les écouter.

      En donnant la parole à ces jeunes gens qui sont, déjà, les nouveaux poètes du XXIe siècle, la Maison de Poésie, malgré les difficultés et les menaces dont elle est l’objet, poursuit au service de la poésie et des poètes une mission qui lui fut confiée voilà plus de quatre-vingts ans. Avec ceux qui ont vingt ans aujourd’hui, la Poésie continue !

Lisez ce livre, et dans la jeune poésie d’aujourd’hui découvrez déjà celle de demain.

Un livre de 128 pages, 11,7 x 18,5 cm. 20 €.

ISBN : 978-2-35860-004-0.

Le Prix Arthur Rimbaud a été organisé par la Maison de Poésie,

en partenariat avec le Haut-Commissariat à la Jeunesse.

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Le poète

Le poète regarde le ciel

Se laisse aspirer par ce qui l'entoure

Se laisse envahir par ce qui passe

Il pense

Dans sa tête des souvenirs encore fumants

Des rêves encore dormants

Et une fille Une fille

Une fille et ses yeux verts

Qui restent

Tout le temps

Tout le temps

Amélie Nicolas, Prix Arthur Rimbaud 2009

***

Lueurs

Parfois ils nous échappent les mots qui pourraient

Saigner le temps; on continue pourtant, on coule

Nos jours et nos poèmes : c'est la même plaie

Arrachée tout au long de sentiers qui s'éboulent

Sous nos pas, comme le dieu s'est abîmé dans

Nos prières – depuis longtemps nos Hosannah

Ne montent plus au ciel – et le sang dans tout ça

Vibrionne à l'envi des vieux mots qui ne chan-

Gent plus le monde, ne trouent plus l'éternité

De flaques où silencent nos pas irisés

Tu vois, c'en est fini de la lumière, encore

Que dans nos cœurs obscurs où quelquefois dévalent

Des lueurs – le ciel s'entrebaille – et des fringales

De vies nous acheminent : plus près de nos morts.

Camille Bonneaux, mention spéciale, Prix Arthur Rimbaud 2009

***

De dos

Sentez-vous Mesdames

Sur vos nuques

La caresse amoureuse

De mes yeux ?

Je ne le souhaite pas

Sinon les traits

De vos visages retournés

Seraient réels !

Et mes songes

De beauté

Dans vos yeux

Périraient...

Romain Monsifrot, mention spéciale, Prix Arthur Rimbaud 2009.

***

Savoir faire des concessions

Qu'on les descende !

les lâches qui mettent au pas leurs rêves

Qu'on pende ceux qui n'en ont pas,

qui n'en ont jamais eu !

Ou qui en ont si peu,

si douillet, si petit – et si près...

Non ?

Bon.

Ben qu'on leur crève les yeux, alors

qu'on leur coupe la langue

Ils souilleront déjà moins sans ça.

Anna Ayanoglou, mention spéciale, Prix Arthur Rimbaud 2009.

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CE QU'ON EN PENSE

 

"La poésie n'est pas morte"

       "[Le Prix Arthur Rimbaud] existe depuis décembre 1991 et revient chaque année; il n'est pas tout à fait une institution, mais il compte puisqu'il récompense des jeunes poètes âgés de dix-huit à vingt-cinq ans, et il est vrai que le talent de leur jeunesse écarte tout danger de sclérose. Non, la poésie n'est pas morte, messieurs les faiseurs de rimes des Grands Salons du Dimanche !" (...)

     Anne Chantal Berger, Le Forêt des Mille Poètes. N° 52. Décembre 2009.

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ROBERT VIGNEAU

Une vendange d'innocents

POÈMES

 

Couverture du recueil de Vogneau

 
 
     Ce recueil ne chante que des gens. Des gens simples : une vendange de vies joyeuses ou harassées, ardentes ou prometteuses. On y célèbre des innocents, c’est à dire d’humbles personnes : obscurs passants, modestes inconnus, simples amis…
     Ces trimeurs n’ont d’importance que de rencontre : il suffit que leur destin ait touché le poète. Rempailleuse, piéton, maniaque, viticulteur ou exilé, leur disparition n’exige pas forcément plaintes ni larmes. La moquerie se mêle à la mélancolie, le futile à la passion, tous les tons pour embrasser la variété des êtres !  Mais d’un langage uniment clair et familier, celui des modestes qu’il honore.
     L’ensemble poursuit un genre en vigueur dans les arts : celui du tombeau, composition en mémoire d’un défunt d’importance. On connaît ceux des sculpteurs ou des architectes, Taj Mahal ou à St Denis; moins visibles, parfois oubliées, on commandait aussi des oraisons funèbres aux poètes et musiciens de cour. Ronsard ou Malherbe l’ont illustré. Ou Ravel et  Mallarmé…
     Mais ici rien d’éploré. De la ferveur seulement.  Ces pages réunissent des inconnus en un élan qui prône leur transparente gloire et chante, en des mélodies aussi incertaines qu’un passage sur terre, leurs évidents secrets.
     Une poésie à la fois pudique et riche d’émotion.

Un livre de 88 pages, 11,7 cm x 18,5 cm. 16 euros.
ISBN : 978-2-35860-001-9
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Mathurin, facteur en 14-18
 

Retraité de trois tours de Terre
Chargé de deuils et guilledoux
Dans nos campagnes d’avant-guerre,
Il prit du rabiot le trois d’août.

Il riait de glisser les lettres
Que la jeune Mimi guettait
En cachette pour se les mettre
Sous les plus du décolleté.

Il pleura le jour d’armistice
Lorsqu’à Finote il a remis
L’avis du décès de son fils
Et donc plus de lettre à Mimi.

*

Ralph, historien

Je l’ai connu en traversant New York-la-ville.
Au café où Thompson rencontre Houston de l’ouest
Face aux miroirs, nous dégustions même breakfast
Crêpe au sirop, œuf frit recto verso dans l’huile.

Un matin où je lisais Le Monde, il m’accoste
En français rehaussé d’accent. Il se présente
Comme expert ès ( !) 4 août de la Constituante,
Teaching your French Revolution. Un spécialiste !

Moi, flâneur ès musées gratuits, id est : touriste.
Il rit. On fit amis matinaux. Huit heures trente
On s’attendait pour lancer du brècfeust commande :
En compagnie, plus savoureux les œufs frits se dégustent.

Ce Ralph sportif, savant mais modeste en paroles,
Si beau d’intelligence, oh ! je l’admirais fort
Bien que rasé selon la mode gay d’alors
Et, né en Californien, amoureux des bagnoles.

À gauche, l’occiput portait la cicatrice
Récente d’un trépan. Émouvant ! Les docteurs
Lui avaient retiré du crâne une tumeur.
Souriait-il de la menace ou d’artifice ?

Les printemps, il filait farfouiller à Paris
Ses documents d’archives ou autres à la B. N.
Et moi, New York Nouillorque, comme je t’aime !
Si bien que d’échanger logis on se promit.

Il m’enseigna comment œuvrer verrou, chaudière
Dans sa tranquille rue de briques et de feuillus.
Good-bye, see you again ! Parisien revenu,
L’Internet échangea maints amicaux courriels.

Depuis l’été, aucun envoi de Ralph n’obsède
Plus mon ordinateur. Ce soir, mes vœux de l’an
Me reviennent sous un message mentionnant
Erreur fatale : Unknown Recepient. Rejected.

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CE QU'ON EN PENSE
 
 
 
 
 
 
 
 
"Le meilleur cru de Robert Vigneau"
 
 
     "(…)  Il fait du vers, de la métrique, une portée pour les humbles qui ont croisé sa route, qui l’ont intrigué précisément parce que leur vie semblait dépourvue de rebondissements.
      Il les sort du piège de l’absurde en donnant une petite musique, imperceptible, au quotidien à présent aboli. Immortalisées par le poème, ces ritournelles du vivre, qui n’ont rien d’épique, sont grandes parce que le sourire trouve toujours le moyen de percer sous le pathétique. (…) »
 
Jean-Luc Despax, Poésie à haut-débit. Les douze de blog.
 
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"La mémoire du cœur"

 
 
     "Mémoire du cœur, mémoire de l'esprit, Robert Vigneau a écrit dans le silence de la soliture un hommage tendre, un texte amoureux à "ses innocents", c'est-à-dire d'humbles personnes : obscurs passants, modestes inconnus, simples amis.
      Le style elliptique de Robert Vigneau, pourtant empli d'une âpreté qui infuse dans chacun de ses poèmes, ne laisse – de cette vendange de vies – aucune atmosphère de dévastation.
      Contre la mort, scrupuleusement, l'auteur rend, d'une manière tendre et modeste, un hommage à la vie."

http://www.culture-et-débats.over-blog.com/article 29410130.html

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"Frères humains qui avec nous vivez..."

     "Ces innocents que Robert Vigneau vendange (aimable rencontre), ce sont ceux qu'on appelle des gens, gens de tout venant, des simples, des humbles, pourvus d'un prénom et identifiés par un métier (Lucie, rempailleuse, François, ouvrier agricole), un état (Alain, écolier, Adèle, grand-mère, Mouloud, pensionné), une circonstance (Paula, voisine), une caractéristique (Flora, myope, Maximin, crétin, Michel, mystique). Et Robert Vigneau leur fait hommage modeste d'un poème, riche d'humanité souriante. Ses vers, classiques d'apparence, sont très libres dans leur texture : grammaire souple, vocabulaire inventif, ils chantent, ils amusent, ils émeuvent. Humanité ? Plus que cela, fraternité, la fraternité qui chante à jamais depuis le début d'une ballade, frères humains, qui avec nous vivez. Celle qui ferme la marche, c'est Lucienne, poète. "Ma joie quand je lis Lucienne Desnoues !" Je la comprends : c'est le même univers poétique, mêmes "mots de ferveur terrienne / Magiciens d'odeurs et comblés de goûts / Qui font se lever cette enfance mienne..." Lucienne Desnoues qui n'est ni chez PPDA ni chez Régine Desforges..."

Bernard Plessy, Le Bulletin des Lettres. N° 680. Mai 2009.

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"De parfaits inconnus"

      " C'est un ensemble de poèmes rédigés en épitaphes de parfaits inconnus dont la vie simple est évoquée dans des vers à la fois elliptiques et quasi prosaïques : "J'irai chaussé de tes espadrilles, Bernard / Des espadrilles bleues laissées dans mon placard", ainsi s'engage avec bonhomie l'évocation d'un poète disparu. Une douce ironie se dégage de ces textes pourtant tristes, puisque la mort leur sert de prétexte et d'inspireation : "On trouva épinglée sa lettre / Au croisillon de la fenêtre / Qui sait pourquoi les vieux se tuent ?" Louise, la gardeuse de brebis, Mathurin, facteur en 14-18, François, ouvrier agricole, Maximin, crétin, Henri, planteur de forêts, tiennent ici compagnie dans les vers et dans leur tombe à quelques poètes, quelques peintres, et quelques écrivains et partagent avec eux le sel des mots de tous les jours qui servent à donner de leur vie passée une évocation familière et très poétique à la fois."

Antoine de Matharel, Poésie sur Seine. N° 68. Printemps 2009.

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"De surprise en surprise"

     "Depuis Follain, dont l'admirable Les uns et les autres, paru naguère chez Rougerie, mériterait une relecture attentive, on sait bien qu'il n'y a pas de vie insignifiante. On sait plutôt que le moindre événement, le plus petit surgissement de hasard, la vie la plus banale sont susceptibles d'ouvrir un espace à l'étonnement. Il faut être surpris pour devenir vrai, écrivait Michel de Certeau. Le lecteur de Robert Vigneau va donc de surprise en suprise. De l'ouvrier agricole au poète, en passant par le mystique ou la prostituée, voici une quarantaine de portraits goguenards, gentiment ironiques, jamais féroces, qui font accéder les êtres les plus simples, comme parfois les plus grandes célébrités, à une même stèle d'humanité et de poésie. Le ton, ici, donne à ces poèmes rimés un tour un rien gavroche qui pourrait lasser, si, au cœur du recueil, ne venait résonner, comme un coup de gong, comme une coléreuse complainte, un long et beau poème dédié à la mémoire d'un jeune suicidé, à la mémoire de Julien. Ce contrepoids de gravité invite alors à reprendre plus sérieusement la lecture de ces croquis, et à y déceler une compassion profonde, le don des larmes, et, quelquefois aussi, l'accueil de la joie."

Lucien Nouliez, Le Journal des Poètes, N° 4/2009. Bruxelles, Belgique.

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GILLES DE OBALDIA

 

L’herbe haute

POÈMES

 

 Obaldia. L'Herbe haute. Couverture

 

 

Deuxième édition: novembre 2010.

     Réjouissons-nous : un poète nous est révélé. On le sait, car on reconnaît sa voix – alors qu’on ne l’avait jamais encore entendue.

     Ce premier recueil d’un jeune poète est une explosion de bonheurs.

     Voilà qu’on entend une voix nouvelle, originale, dans la tradition de René Guy Cadou, de Supervielle, de Claude Roy, celle qui sait nous dire avec simplicité la beauté du monde, notre accord avec les êtres et les choses, les charmes de l’amour, à la fois l’amour fou et l’amour sage. Une poésie vivante, qui sait méditer comme avoir le fou rire, avec un peu de fantastique et beaucoup de fantaisie, qui sait nous faire voir des merveilles dans la banalité.

     Voilà une floraison d’images vives et justes, la jeune ivresse de la vie, la femme aimé, l’enfant qui rit sur la plage à bâtir son château de sable « pour tenter / de ramener le large jusqu’à nos pieds nus ».

     Voilà toutes les richesses du quotidien, « l’extase du fruit », l’envol de l’oiseau, la douceur inquiète de l’amour, au long des jours la quête de « la beauté lucide, sensible, évanescente / née d’un souffle infini dans l’univers », tout en sachant que « c’est ton cheminement / qui crée l’étoile ».

     Voilà, enfin, un recueil palpitant de vie où l’esprit d’enfance accompagne la méditation de l’homme en une complicité que seul un poète authentique peut nous offrir et susciter en nous.

Un livre de 80 pages, 11,7 cm x 18,5 cm. 16 euros.

 

ISBN : 978-2-908649-92-5. EAN : 9782908649925.

 

 

Gilles de Obaldia, au centre, avec le Théâ-Chœur à la Maison de Poésie, 19 janvier 2011, concert-lecture de mise en espace sonore.

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Ce qu'on en pense

 

« Un poète visionnaire hors du commun »

     Ce premier recueil de l’auteur est une véritable prairie où fleurissent toutes les plantes aromatiques de la sensibilité sous un ciel ennuagé d’amour, traversé d’oiseaux « Faisant le rêve fou de l’altitude / en s’envolant dans les papiers fins du vent », un vent porteur d’imaginaire. (…)

     Gilles de Obaldia est bien un poète visionnaire hors du commun et plein de trouvailles, telles ces définitions : « Le large / c’est une ivresse / qui te prête sa coupe / pour défaire les nœuds du vide… » et « les châteaux de sable… » pour tenter de le ramener jusqu’à nos pieds nus. «  Et tes paupières closes sont les braises tièdes / où cuit le pain de la vision », ou encore ces appels explosant du Cœur du fou qui brille sur terre… humble et petit, si petit que l’éternité / n’a aucune peine à s’y loger », ou, dans « Visages » : « Venez dans la foule des sourires et des larmes / attiser le grand feu de l’âme…, Ariane, viens avec ton fil / raccommoder ma lumière. »

      Enfin ces commandements nous rappelant, en effet, le grand poète auteur du « Forçat innocent » :

Apprends à écouter ce qui d’ordinaire

ne s’entend pas, à regarder ce qui ne se voit

pas, et ainsi, petit à petit,

apprends à déchiffrer le vide qui t’occupe.

 

Michel Martin de Villemer. Revue Le Cerf-volant, n° 219. Deuxième trimestre 2010.

 

 

Concert-lecture du Théâ-Chœur à la Maison de Poésie. Mise en espace sonore de L'herbe haute de Gilles de Obaldia.

Photographies : Mathilde Martineau.